TTC : Le temps d'une danse

Mis à jour : 12 avr. 2019



"Voici un très court film réalisé dans le cadre du concours «quand le son crée l’image »🎬 la vidéo avec le plus de like se verra recevoir le prix du public.🏆

Un grand merci à mes deux actrices Sandrine Pouradier et Laura Guellerin pour sa superbe danse ! 💃"


Ceci est le message d'introduction du réalisateur Emile Phelizot d'un film très court que vous pouvez trouver ici :


https://youtu.be/vFhEVPI9eB0


Ce film, je l'ai découvert grâce à Sandrine (Pouradier) qui y joue. Ce petit film m'a envoûté et m''a inspiré pour le TTC que vous trouverez à sa suite.

Bien sûr, lorsque vous aurez vu la vidéo, vous connaîtrez la chute du texte, et vice versa, mais j'avais l'impression, en regardant ce petit court métrage, de lire une nouvelle. J'ai eu envie de mettre des mots sur ces images, même si elles parlent d'elles-même.


Merci à Sandrine et au réalisateur de m'avoir permis de le faire.


N'hésitez pas à aller liker cette vidéo sur YT si vous l'avez aimée, pour aider le réalisateur pour son concours !



* * *

Le temps d'une danse

* * *


Lorsqu’elle pénétra dans l’immense salle baignée d’une lumière chaude, tamisée et voilée, tant d’images lui revinrent en mémoire. Les heures passées ici. Les peines, les joies, les victoires, les échecs. Toutes ces émotions pouvaient se lire sur chaque partie de son visage et dans son regard emplit de nostalgie. Elle sourit. Elle n’était pas revenue ici depuis si longtemps.

Les poussières de ses souvenirs virevoltaient dans l’atmosphère chaleureuse qui l’enveloppait. Cela lui semblait si loin et si proche à la fois. Si doux. Son corps entier ressentit une vive mélancolie lui parcourir le dos, lui amener des frissons de sensations étranges, d’émotions mélangées.


Elle s’avança vers le mur des miroirs, laissa sa main venir caresser le bois poli de la barre à danser, lentement, amoureusement. Chacun de ses doigts effleurait les marques laissées par le temps, par la sueur qui avait rongé le vernis. La sienne, celle des autres petites danseuses.

Elle pouvait sentir les odeurs qui se mélangeaient ; celle du bois patiné, de l’effort, des heures d’entraînement, de volonté, d’envie. Lorsqu’elle leva les yeux vers l’immense mur de glaces, elle ne vit que le reflet d’elle-même, des décennies auparavant. Les marques du temps s’évanouirent de son visage pour laisser place à sa jeunesse. Ses paupières se fermèrent, la magie opéra.


Elle se revit virevoltant, enchainant les figures délicates, son jeune corps entraîné par le rythme du piano qui envahissait toute la pièce. Pleine de grâce, elle enchaînait les figures, les rythmes, les styles, jusqu’au bord de l’épuisement. La danse, c’était sa vie. Elle était seule lorsqu’elle dansait, seule au monde, seule dans sa bulle. Ses jambes ne lui appartenaient plus, son corps possédé ne faisait plus qu’un avec le sol, la musique, la salle toute entière. Elle entendait crisser ses pieds nus sur le parquet usé, ses articulations craquer sous le moindre effort pendant l’échauffement. Elle dansait, elle respirait, elle vivait, le temps d’une danse.


Elle ouvrit les yeux de nouveau, ses souvenirs s’effacèrent, laissant place à la réalité. Elle laissa ses doigts glisser le long de la barre tandis qu’elle se dirigeait vers l’entrée. Sa main vint récupérer la canne dont elle se servait pour marcher depuis ce terrible accident. Elle sortit, de sa démarche claudicante, laissant derrière elle une des plus belles histoires de sa vie.


©Barbara Laurame 2018

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