À quel âge ?




Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une imagination débordante. Petite (très petite, ne jugez pas !), j’étais visiblement une affabulatrice de première car j’avais réussi à faire croire à mes camarades d’école que je possédais des lions à la maison et qu’il y avait des crocodiles dans le Cher. Voyez ! Vous me jugez !


Pourtant, je déteste le mensonge. Mais ce n’était, pour moi, pas des mensonges. Simplement une amélioration d’une vérité, une envie de raconter les choses de mon imaginaire. “Elle est toujours dans la lune”, “oh hé la rêveuse”, “Barbara reste souvent dans son coin”... Mais je ne m’y ennuyais jamais, dans mon coin. J’inventais des aventures pour mes barbies, je m’amusais bien plus à inventer les décors, à mettre en place, qu’à jouer avec. Avec ma sœur, nous étions des aventurières dans le bois dernière chez nous, avec notre chienne. Des Indiana Jones avant l’heure.


Je ne sais pas ce qu’est l’ennui, même encore aujourd’hui ! Je suis toujours rêveuse, mais je ne reste plus dans mon coin depuis longtemps, j’ai appris à m’ouvrir aux autres beaucoup plus, à l’adolescence. Le processus a été long car j’avais un an d’avance, et à cet âge, rien ne vous est épargné. Quand on arrive à 10 ans à peine au collège (je suis du mois de juin), le monde est impitoyable. J’avais quand même des copains, peu, mais ils me suffisaient. J’ai grandi un peu plus vite pour rattraper le monde qu’on m’imposait. J’ai préféré devenir un caméléon qu’une victime. Une chance. Sûrement dû à mon environnement familial très sain. Des parents tolérants, ouverts, curieux, à qui je pouvais tout dire. Caméléon mais sans jamais perdre ma personnalité. Apprendre à rire de moi au détriment de mes détracteurs, tourner à l’humour, rebondir, avoir de la répartie dans toutes les situations. Mon imaginaire m’y a aidé.


J’ai continué d’inventer des histoires mais je les gardais pour moi. J’écrivais beaucoup sur les lettres qu’on s’envoyait avec les copains. Jusqu’à ce qu’un me dise, “quand je reçois tes lettres, j’ai l’impression d‘ouvrir un livre, tu devrais vraiment écrire des romans, c’est toujours un plaisir quand je vois ta lettre arriver.”


Ça a fait tilt.


Toutes les histoires que j’avais en tête, pourquoi ne pas les coucher sur le papier ? J’avais 20 ans, je travaillais dans un vieil hôtel, qui avait jadis été une maison close du temps de Jacques Cœur, le grand argentier du roi Charles VII. Eh oui, je suis originaire de Bourges, j’y suis née, j’y ai fait mes études et j’y ai donc travaillé. Cet hôtel m’a immédiatement inspiré une histoire surnaturelle, pour le peu qui me revient. Elle ne se passait pourtant pas dans l’hôtel. Enfin, je ne crois pas. Lorsque j'amenais les clients à leur chambre, je me demandais toujours si je n’allais pas croiser un esprit, un jour. Est-ce que le fantôme de Jacques Cœur dormait dans la chambre qui portait son nom, sur ce lit à baldaquins orné de lourds rideaux de velours rouge ? Je ne l’ai jamais croisé et aucune des personnes ayant dormi dans cette chambre ne m’a rapporté d’anecdotes. Strotriste !


J’ai retrouvé l’année dernière, les premier chapitres. Tout écrit au stylo bille sur des feuilles A4 à carreaux, déchirées d’un cahier. J’avais du temps de libre pendant mon service, et la vieille bâtisse aux colombages et à la charpente qui craquait m’inspirait. J’avais commencé à le “taper” sur ordinateur, mais bien évidemment, à l’époque, c’était enregistré sur une disquette... Imaginez donc... J’avais imprimé ce que j’avais écrit, et fort heureusement, car parfois, je n’arrive pas à déchiffrer ce que j’ai pu écrire, sans compter mes astérisques multiples avec rajout et modifs, car je n’avais ni blanco, ni ardoise magique... Seulement je n’y ai travaillé que 6 mois, et je n’ai commencé cette histoire que vers la fin de mon contrat, je ne l’ai jamais finie.

Lorsque j’ai relu le début, quand je l’ai retrouvée, j’ai vu quelques similitudes dans le personnage principal avec ma Bridget des Fantômes du Passé, et dans le déroulement du début. Pourtant, j’ai écrit les fantômes 25 ans plus tard sans jamais relire une ligne de cette histoire. Peut-être que je m’y replongerai car je pense que je peux en tirer quelque chose...

Voilà, toutes ces lignes juste pour dire à quel âge et pourquoi... Je vais vous épargner le récit du “comment sont nés les fantômes” mais si vous êtes intéressés, je l’explique ici : https://www.barbaralaurame.com/les-origines-du-roman-les-fantomes-

Il faut juste aussi savoir qu’il y a une part de mon histoire familiale dans cette histoire, et je l’explique à ceux qui l’ont lu et qui me contactent.


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